Paris Pékin Istanbul 2016

Etape du 29/08/2016
JOUR 84 - NUKUS / VERS FRONTIERE KAZAKHE - LUNDI 29 Août 2016

Vers la frontière

L'épreuve du jour consistera à se rapprocher le plus possible de la frontière Kazakhe. La feuille de route est vraiment très simple : tout droit et toujours tout droit. Mission impossible puisque nous devons tenir compte de l'état de la chaussée. Avec les immenses trous d'éléphant, les sillons comme des rangées de pommes de terre et les portions sablonneuses, notre camping-car ne peut que zigzaguer à droite et à gauche. La petite bouteille d'Orangina saute de joie, il est vrai qu'elle commençait à s'ennuyer. Quant au conducteur, il doit scruter la route, guetter les dangers et rechercher les passages moins remuants. De temps en temps, nous avançons sur une voie légèrement améliorée.  Au loin, les habitants de l'immense cimetière Daout Autor reposent en paix. Les seules âmes qui vivent dans le secteur sont les troupeaux de chameaux et de dromadaires. La température avoisine les 40°. Il nous faudra de la persévérance pour arriver à l'étape à 5 Km de la frontière.

Ce soir, un conférencier de la région vient nous parler de son pays et notamment de la plus grande catastrophe écologique du 20ème siècle : l'assèchement de la mer d'Aral passée de 77 000 à 10 000 km2. Sous le régime soviétique, le détournement des 2 fleuves qui l'alimentent a permit la culture intensive du coton. Dans les années 70, l'eau était potable, de nos jours, il y a 160 grammes de sel par litre. Des tonnes de sel et de sable sont transportées par le vent, désertifiant de nouvelles terres. De nombreuses maladies respiratoires gagnent la population qui se retrouve également sans emploi. La disparition des poissons a condamné l'activité des conserveries qui traitaient 150 tonnes de poissons par jour. Les bateaux abandonnés reposent sur le sable et ne reverrons jamais la mer. Quelques actions sont entreprises pour tenter de faire remonter le niveau de l'eau.

Après une douzaine de jours de découverte, c'est avec une petite pointe de regret que nous quittons le pays aux jolies coupoles bleues, blanches et dorées.