Paris Pékin Istanbul 2016

Etape du 23/08/2016
JOUR 78 - SAMARCANDE - MARDI 23 Août 2016

Samarkand 

Êtes-vous toujours prêts à nous suivre dans la ville aux coupoles bleues ? Allez, sautons vite dans le bus et rendons nous à la papeterie artisanale Koni Ghil Méros.

C'est avec un grand intérêt que nous suivons le processus de fabrication du papier de soie (le nom est inapproprié). Les jeunes femmes ôtent l'écorce des branches de mûrier pour récupérer la fibre. Elle est mise à bouillir dans un chaudron pendant 7 à 8 heures afin d'obtenir une pâte qui sera pilée et jetée dans un grand bac d'eau. Il suffira de plonger le gabarit dans le mélange homogénéisé et de le ressortir. La feuille constituée sera pressée 24 heures puis lissée de chaque côté, la rendant prête à l'utilisation. Dédaigné par les rongeurs, le papier de soie a l'énorme avantage de traverser les siècles sans se détériorer. La boutique propose feuilles, pochettes, sacs et petits articles de souvenirs.

Revenons vers la ville jusqu'à l'observatoire d'Oulough Begh. A la fois poète, mathématicien et grand astronome, le petit-fils de Tamerlan fît bâtir le plus grand sextant du monde, 90°, alors qu'ailleurs, ils en font 60. A ce jour, il ne reste qu'un arc de 11 mètres bordé de parapets en marbre indiquant les degrés. Un petit musée à l'entrée du site retrace la vie des savants et astronomes de l'époque.

Remontons jusqu'au nord de Samarkand. Le musée Afrosyab sur la colline du même nom, abrite les fresques du 7ème siècle découvertes dans les ruines du palais de Varkhouman. Avec le développement de la route de la soie, la cité connut un véritable épanouissement avec ses cortèges d'ambassadeurs et de princesses que nous retrouvons sur les pans de murs. Poteries et objets usuels s'exposent dans les salles climatisées.

12H30, notre guide Roustam, très sérieux, annonce la visite suivante, non répertoriée dans les brochures : pause miam-miam au restaurant Le Platane. Nous vous donnons rendez-vous à 14H30.

Nous étions en manque de coupoles azurées, allons donc à la mosquée Bibi Khanum. Datant du 15ème siècle, l'imposante construction a été terminée en moins de 5 ans. Bien trop grande, la mosquée n'a pu supporter son poids et s'est effritée dès les premières dizaines d'années. Les belles céramiques extérieures, récemment réhabilitées, tranchent avec les dégradations et fissures intérieures. Commencée à la fin du 20ème siècle, la restauration sera un travail titanesque.

Si vous aimez les légendes, en voici une : On raconte que Tamerlan guerroyait loin de ses terres. Bibi Khanum, sa femme et  fille de l'empereur de Chine, avait décidé de faire construire ce monument, avant le retour de son époux. Prié de se hâter, l'architecte finit par soutirer à Bibi Khanum, un baiser en échange de terminer les travaux à temps. Ce baiser fut si torride que la femme garda une marque. A son retour, son empereur de mari fut offusqué et rentra dans une fureur. Il jeta son épouse du sommet d'un des minarets et ordonna que toutes les femmes portent le voile afin que leur visage ne tente pas les hommes quand les époux partent à la guerre.   

Mitoyen de la mosquée, le marché couvert propose un vaste choix d'épices, de fruits, de légumes, fromages et pains de toutes sortes et énormément de fruits secs. Nous ne manquons pas de refaire nos provisions de route.

Désolés, il y a tant à voir et à dire sur cette cité légendaire.

C'est promis, demain nous serons plus brefs.